Comme si les symptômes et désagréments liés à l’endométriose ne suffisaient pas, il peut arriver que la maladie s'acoquine avec d’autres pathologies. Un phénomène au doux nom de comorbidité dont l’analyse ici n’a pour but ni de vous démoraliser, ni de vous alarmer mais de vous informer et de vous orienter si vous vous interrogez à ce sujet. Difficile de faire le tri entre tous nos symptômes, de savoir si ce qu'on identifie est lié ou pas à l'endométriose, si on doit se soucier de certains symptômes qui pourraient être liés à une autre maladie... si on doit en parler ou pas à notre médecin (la réponse est toujours oui !), un vrai casse-tête. On va donc essayer de clarifier un peu tout ça.
Avant de nous lancer dans le rĂ©capitulatif des maladies chroniques touchant plus frĂ©quemment les personnes atteintes d’endomĂ©triose que l’ensemble de la population, petit reminder : vous n’avez ou n’allez pas forcĂ©ment dĂ©velopper l’une des conditions listĂ©es ci-après, le risque est juste lĂ©gèrement plus Ă©levĂ©. Vous remarquerez d’ailleurs que certaines des comorbiditĂ©s citĂ©es sont des symptĂ´mes de l’endomĂ©triose.Â
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La comorbiditĂ© la plus Ă©vidente est sans nulle doute l'infertilitĂ©. Si les couples sans endomĂ©triose ont en moyenne 15 Ă 20% de chances de procrĂ©er chaque mois, les femmes atteintes d’endomĂ©triose ont quant Ă elles en moyenne entre 2 et 10% de chances de tomber enceinte par mois. Avec Ă©videmment, une diminution progressive, l’âge avançant, que l’on soit atteinte d’endomĂ©triose ou pas.Â
Le lien de causalité endométriose/infertilité n’est pas encore très clair. Mais il existe une nette corrélation puisqu’une femme infertile a 6 à 8 fois plus de chance d’avoir une endométriose qu’une femme fertile, que “25 à 50% des femmes infertiles ont une endométriose”, et que “30 à 50% des femmes avec une endométriose sont infertiles”.
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Les fameuses Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (ou MICI pour les intimes) semblent souvent prĂ©sentes chez les femmes ayant une endomĂ©triose. Parmi les MICI on retrouve principalement deux maladies :Â
Le syndrome du côlon irritable, ou colopathie fonctionnelle, fait partie intégrante de l'endométriose et est à distinguer des MICI car ne présente pas de lésions sur les organes digestifs. Les examens, notamment la coloscopie, étant systématiquement normaux et donc totalement inutiles, ne sont à effectuer que lorsque il y a une réelle suspicion de MICI. On dit que le risque de syndrome du côlon irritable est considéré comme au moins deux fois plus élevé avec une endométriose que chez les femmes qui ne sont pas atteintes.
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Le lien entre obésité et endométriose n’est pas directement établi. Parmi les facteurs de risque associés à l’endométriose, il semblerait même plutôt que les femmes avec un faible IMC aient plus de chances de développer une endométriose. Cependant, cela ne signifie pas que l’obésité protège de l’endométriose, bien au contraire, un IMC élevé semble entraîner des formes plus graves de la maladie.
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L’endomĂ©triose est associĂ©e Ă un risque relativement plus Ă©levĂ© pour certaines formes de cancer, comme le cancer de l’ovaire (1,3 fois plus de chance d’en dĂ©velopper par rapport Ă la population gĂ©nĂ©rale), le mĂ©lanome (cancer de la peau), le cancer de la thyroĂŻde (4% de risque supplĂ©mentaire) ou le cancer du sein. Mais l’endomĂ©triose est associĂ©e aussi Ă une diminution du risque d’autres cancers, comme celui du col de l’utĂ©rus ou de l’endomètre.Â
Toutefois relativisons ! Avec une endomĂ©triose, le risque de dĂ©velopper un cancer reste très faible, infĂ©rieur Ă 1%. L’instance europĂ©ennes qui fournit des recommandations sur la prise en charge de l’endomĂ©triose explique d’ailleurs aux mĂ©decins qu’il n’y a pas besoin de faire un dĂ©pistage systĂ©matique de cancer en cas d’endomĂ©triose. L’endomĂ©triose fait elle-mĂŞme penser Ă un cancer, les lĂ©sions pouvant se trouver sur divers organes et grandir. Il y a nĂ©anmoins une grande diffĂ©rence, et pas des moindres : on n'en meurt pas, mĂŞme sans traitement. L’endomĂ©triose est donc dite bĂ©nigne et les lĂ©sions peuvent se dĂ©finir comme des “mĂ©tastases bĂ©nignes”.Â
Aucun lien de cause Ă effet entre endomĂ©triose et cancer n’a Ă©tĂ© prouvĂ©. Il existe pourtant des facteurs de risque communs aux deux maladies : jeune âge aux premières règles, mĂ©nopause tardive, infertilitĂ©, stress chronique…Â
ATTENTION : avoir une endométriose ne signifie absolument pas que vous allez avoir un cancer, le risque relatif est très faible. Il n’y a donc pas lieu de mener un dépistage du cancer plus régulier chez les personnes souffrant d’endométriose que pour l’ensemble de la population.
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L’endomĂ©triose est aussi associĂ©e Ă un risque relativement plus Ă©levĂ© de maladies gynĂ©cologiques (fibromes utĂ©rins, adĂ©nomyose…), d'allergies diverses notamment sur le plan alimentaire, d'asthme,  de douleurs (fibromyalgie, migraine, spondylarthrite ankylosante…), de maladies auto-immunes (maladie de Hashimoto alias hypothyroĂŻdie, polyarthrite rhumatoĂŻde, lupus Ă©rythĂ©mateux systĂ©mique, sclĂ©rose en plaques, psoriasis et rhumatisme psoriasique…), de cystite interstitielle, d'infections urinaires, du syndrome de la fatigue chronique, de sensibilisation centrale (dysfonctionnement de votre système nerveux), d'AVC et de maladies cardiovasculaires.Â
Pour finir, l’endomĂ©triose, les symptĂ´mes, les douleurs, leur frĂ©quence, les peurs liĂ©es Ă la maladie ou encore l’infertilitĂ© peuvent ĂŞtre Ă l'origine de troubles psychologiques comme la dĂ©pression et l’anxiĂ©tĂ©. Compte tenu du parcours chaotique et douloureux que la maladie implique, ce n’est ni Ă©tonnant, ni honteux, ni un signe de faiblesse. Au contraire, ce qu’on retient, c’est la force de toutes celles qui font face comme elles peuvent aux nombreux assauts de la maladie et se battent comme des lionnes pour une vie meilleure.Â
Tout ce qui compte encore une fois, c’est l’accompagnement et le soutien. Quelles que soient vos craintes et interrogations vis-Ă -vis d’éventuelles autres maladies, n’hĂ©sitez pas Ă en faire part Ă des praticiens spĂ©cialistes de l’endomĂ©triose. Et surtout, gardez en tĂŞte que l’endomĂ©triose s’accompagne de symptĂ´mes divers, qui ne sont pas forcĂ©ment Ă©vocateurs d’autres maladies. Vous pouvez aussi trouver du soutien auprès des associations de patientes, des groupes de soutien, et Ă©videmment auprès de nous !Â
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(date de mise Ă jour : octobre 2023)