endométriose et infertilité
Fertilité et infertilité
28/7/2021

Endométriose et infertilité : 5 idées reçues

Endométriose et infertilité, tristes inséparables ? Thank God, pas forcément ! On croit souvent, à tort, que les personnes souffrant d’endométriose sont condamnées à ne pas pouvoir procréer naturellement, ou pire, à ne jamais avoir d’enfant. Alors, certes, l’endométriose est la première cause d’infertilité chez la femme mais attention aux raccourcis, cela ne veut pas dire qu’il faut faire une croix sur l’idée de devenir parents aussitôt le diagnostic posé. Et s’il était temps de tordre le cou aux idées reçues ? Faisons le point sur l’endométriose et l’infertilité.

1. Je suis forcément infertile puisque j’ai de l’endométriose

Vous l’aurez compris : NON. On le sait, l’endométriose peut avoir des conséquences sur la fécondité des femmes et les causes seraient diverses :

  • lésions anatomiques (adhérences, altérations) ;
  • obstruction des trompes de Fallope ;
  • diminution de la réserve ovarienne voir altération ovocytaire ;
  • trouble de l’implantation embryonnaire...

Cela dit, pour voir le verre à moitié plein, les chiffres peuvent être un bon allié. Prenons celui-là, par exemple : seules 30 à 50 % des femmes touchées par l’endométriose souffrent d’infertilité¹. Dans une majorité des cas, endométriose et infertilité ne vont donc pas de pair.

Le point vocabulaire

On parle d’infertilité lorsque la grossesse ne survient pas spontanément après 12 à 24 mois d’arrêt de contraception et de rapports réguliers non protégés. Infertile ne signifie donc pas stérile !

2. Je ne pourrai jamais être enceinte naturellement

C’est une autre idée reçue autour du lien entre endométriose et infertilité. Là encore, pas de panique, il est possible de tomber enceinte naturellement quand on a de l’endométriose. 

Entre forcément en jeu la localisation des lésions. En effet, si elles grignotent du terrain sur l’appareil reproducteur, elles peuvent nuire à la fertilité. Par exemple, on comprend bien qu’en cas d’obstruction totale des deux trompes, une grossesse naturelle semble difficile. Il faudra se tourner vers les techniques de procréation médicalement assistée, comme la PMA ou la FIV. 

A l’inverse, si les lésions sont allées s’installer ailleurs et ont épargné le système reproducteur, il est tout à fait possible que votre fertilité ne soit absolument pas impactée ! Quoi qu’il en soit, ne restez pas dans le flou et prenez rendez-vous avec votre gynécologue dès que la grossesse est envisagée afin de faire le point sur votre endométriose. 

Petit reminder : si vous vous lancez en couple dans ce projet, rappelez-vous que le poids de la réussite ne pèse pas sur vos épaules. On ne peut que vous conseiller d’encourager votre partenaire à faire sa part du “boulot”. C’est-à-dire ? Être présent à toutes les étapes du parcours, participer aux rendez-vous, ou encore - si votre partenaire est un homme - réaliser un spermogramme afin d’analyser sa fertilité et vos chances de concevoir naturellement.

3. Je dois me faire opérer si je souhaite avoir un enfant

Si la médecine a longtemps fait de la chirurgie le traitement de référence de l’endométriose pour les couples ayant un projet de parentalité, ce n’est aujourd’hui plus forcément le cas. La chirurgie de l’endométriose peut être une solution dans certains cas : elle peut rendre l’environnement plus “favorable” à l’implantation d’un embryon, et même soulager les douleurs. Pour autant, elle n’est pas dénuée de conséquences, de risques et de contraintes (arrêt de travail, immobilisation...). 

A la place ou en complément, l’assistance médicale à la procréation est souvent indiquée pour le traitement de l’infertilité liée à l’endométriose. Néanmoins, si le professionnel qui vous suit juge qu'une opération préalable peut améliorer vos chances de concevoir, c’est que la chirurgie représente une option intéressante dans votre cas ! Comme vous l’avez déjà sûrement entendu : chaque endométriose est unique et la solution qui peut mener vers la parentalité est propre à chacune.

4. Je ne pourrai plus avoir d’enfant après 30 ans

On ne sait pas vous, mais nous, on en a marre d’entendre dire à longueur de journée que les chances de procréation naturelle diminuent avec l’âge. La pression de l’horloge biologique peut parfois se révéler très très pesante. Néanmoins, cela reste un fait scientifique qui concerne toutes les femmes et ce phénomène est plus marqué chez les personnes souffrant d’endométriose avec atteinte ovarienne. En cause ? L’altération possible de la réserve ovarienne. 

Alors si vous souhaitez, et si vous pouvez, initier un projet de grossesse “tôt”, you go, girl ! Mais ce n’est ni une injonction, ni une science exacte… Si les trente ans approchent ou sont plusieurs années derrière vous, il ne faut pas vous résigner pour autant. Grossesse naturelle, PMA, FIV, congélation des ovocytes...Quel que soit le chemin, il est tout à fait possible de connaître une grossesse après 30 ans lorsqu’on est atteinte d’endométriose ! 

5. Je devrai forcément passer par la PMA ou la FIV

On l’a déjà dit plus haut, tout peut arriver. De nombreuses femmes atteintes d’endométriose arrivent à concevoir sans devoir passer par la PMA ou la FIV. Mais si vous rencontrez des difficultés à tomber enceinte, il peut être intéressant de faire appel à la procréation médicalement assistée (PMA). Celle-ci vise le plus souvent une stimulation ovarienne par traitement hormonal, avec ou sans insémination artificielle.

En cas d’échec de la PMA, la fécondation in vitro (FIV) pourra être proposée. Elle consiste à l’implantation dans l’utérus d’un embryon, issu d’un ovocyte fécondé in vitro, après stimulation ovarienne. Dans certains cas, on peut faire appel au don de gamètes mâles ou femelles. 

Alors oui c’est un peu technique comme ça, et ça peut faire un peu peur, mais rassurez-vous, ces techniques sont de nos jours très bien maîtrisées. Demandez conseils à votre spécialiste de l’endométriose, étudiez les différentes options qui s’offrent à vous, et faites vous confiance. 

Devenir parents avec l’endométriose n’est pas toujours simple, mais ce n’est pas nécessairement impossible. Et quand malheureusement, tous les feux sont au rouge, n’oubliez pas que l’adoption est aussi une solution pour devenir parents, donner tout votre amour et votre force à un enfant, malgré l’endométriose.

Finalement, ce qu’on cherche à vous dire dans cet article, c’est qu’endométriose et grossesse, ce n’est pas mission impossible ! Mais il y a la finalité et il y a les chemins pour y arriver, chemins parfois longs et douloureux. Pour toutes celles qui vivent ce parcours, la clé, c’est le soutien, médical bien sûr, mais aussi du ou de la conjoint.e, de l’entourage, d’associations, d’experts et autres praticiens en médecines douces. Bref, parlez-en, partagez vos joies et vos peines, vous n’êtes pas seule. Promis.

Source :

¹ Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Endometriosis and infertility: a committee opinion. Fertil Steril. 2012 Sep;98(3):591-8. doi: 10.1016/j.fertnstert.2012.05.031. Epub 2012 Jun 15. PMID: 22704630.