On est en droit de se demander pourquoi de nombreux médecins (pas tous, heureusement !) considèrent encore que l'endométriose (ses symptômes), “c'est dans la tête” ? Pourquoi les “Chochotte”, “douillette”, “Ooooh ça va, c’est que les règles” et autres “l’endométriose, c’est une maladie à la mode” sont encore tolérés ? Si l’endométriose vous est familière, vous avez certainement déjà entendu ce type de remarques, de la part d’un proche, d’un collègue, d’une prof ou, pire, d’un médecin. Pourquoi ? Pourquoi nos douleurs d’endométriose sont-elles si souvent taxées d’hystérie, minimisées, mises de côté ? Pourquoi la maladie est-elle considérée comme imaginaire par certains ? Éléments de réponse.
Tout d’abord, les symptômes de la maladie sont liés aux règles et aux cycles. Une réalité invisible considérée comme normale qui s’accompagne de son lot de tabous et de bon nombre d’idées reçues aussi aberrantes que persistantes. En tête de liste, les fameux “Avoir mal pendant ses règles, c’est normal !” et autres “C’est dans la tête”.
Depuis bien (trop) longtemps, “on range la douleur fĂ©minine pelvienne dans la catĂ©gorie psychique, et on Ă©vacue le problème”. C’est ce que le radiologue spĂ©cialiste du diagnostic Erick Petit explique dans une interview accordĂ©e au mag Lyv. Il y souligne que la croyance selon laquelle les femmes souffrant d’endomĂ©triose seraient “hystĂ©riques” (du grec hysterikos = utĂ©rus) remonte au Moyen-Ă‚ge. Une croyance qui semble avoir la peau dure dans certains esprits mal renseignĂ©s et Ă laquelle vous ĂŞtes encore trop nombreuses Ă vous heurter tout au long du parcours de diagnostic de la maladie.Â
La santĂ© et la parole de la femme est, certes, de mieux en mieux prise en compte et l’endomĂ©triose n’est plus la grande inconnue qu’elle a longtemps Ă©tĂ©. Mais la dĂ©mographie des gynĂ©cologues en France est vieillissante. Face Ă une maladie dont on ne parle vraiment et correctement que depuis peu, face Ă une maladie qui n’est enseignĂ©e en mĂ©decine que depuis 2020 (!!!), certains mĂ©decins sont dĂ©munis voire complètement dĂ©passĂ©s allant jusqu’à rĂ©futer son existence.Â
La médecin de la douleur Delphine Lhuillery résume ainsi la situation : “Puisque les règles étaient naturelles, alors les douleurs étaient naturelles, pas besoin d'en parler. On soupçonnait les femmes de les exagérer.” Or, “ce n’est jamais le cerveau qui invente, qui fabrique la douleur”.
Grâce notamment au travail acharnĂ© des associations de patientes, les choses changent petit Ă petit. Le grand public est de plus en plus sensibilisĂ© Ă l'endomĂ©triose et les mĂ©decins de mieux en mieux formĂ©s.Â
Parallèlement, la non reconnaissance de l’endomĂ©triose par les politiques et les financements de recherche quasi inexistants des dĂ©cennies durant n’ont pas facilitĂ© la tâche, rĂ©duisant les femmes Ă des souffrances silencieuses voire dĂ©nigrĂ©es. Dans ce contexte, difficile de diffĂ©rencier les douleurs “normales” des douleurs “anormales”.Â
En 2020, un article du Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada titrait “Il est temps de traiter l'endométriose comme s'il s'agissait du cancer”. Le 11 janvier 2022, Emmanuel Macron introduisait son discours d’annonce relatif au lancement de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose par ces mots : “Ce n’est pas un problème de femme, c’est un problème de société.” Si l’on en croit ces signaux forts, il semblerait que, fort heureusement, ce fameux “c’est dans la tête” soit en passe de devenir obsolète. C’est tout ce qu’on souhaite. Et c’est ce pour quoi on oeuvre chez Lyv : rendre visible l’endométriose, comprendre et se faire comprendre par le corps médical, rétablir la confiance entre patientes et médecins et permettre une prise en charge plus adaptée.
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(date de mise Ă jour : octobre 2023)

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