Endométriose travail et sophrologie
Travail
6/1/2022

Gérer au taff malgré l’endométriose : mode d’emploi

L'endométriose s'invite dans tous les domaines de notre vie. Y compris au travail, parfois au point de briser notre élan professionnel. Il faut dire qu'entre la protection hygiénique à changer toutes les 30 minutes, la douleur qui terrasse comme un coup de couteau et la fatigue chronique qui nous empêche de nous concentrer... il y a de quoi se sentir découragée ! Mais peut-être pas avant d’avoir essayé quelques unes des pratiques que je vous propose dans cet article, pour gérer au boulot, tout en s'écoutant.  


Une meilleure hygiène de vie pour faire le plein d’énergie

L’énergie physique est essentielle pour être en mesure de gérer ses émotions, de maintenir sa concentration et tout simplement… de penser. Elle est influencée par notre respiration, notre alimentation, notre sommeil, les moments de récupération pendant notre journée et notre forme physique. Tout ne peut pas toujours être parfait, mais il est important d’y prêter attention.

De bonnes nuits de sommeil

La vigilance est de mise sur votre sommeil. Combien de temps de sommeil avez-vous besoin pour vous régénérer ? Votre temps et votre besoin de sommeil peuvent varier en fonction des phases de votre cycle. Essayez d’écouter vos besoins et de les combler, dans la mesure du possible.

Des repas équilibrés et digestes

Vous pouvez aussi faire en sorte d’apporter votre propre repas sur votre lieu de travail, pour privilégier une alimentation anti-inflammatoire. Cela vous évitera les affres des ballonnements, de la fatigue écrasante et des douleurs intestinales après le super repas pro-inflammatoire de la cantine (TMTC), ou du sandwich avalé sur le pouce.

De la mobilité, oui oui

Enfin, lorsque nous avons des douleurs, nous avons tendance à nous immobiliser, à nous replier sur nous-même, à nous crisper. Cela peut vous paraître contre-intuitif mais il est très important de continuer de bouger, d’être dans le mouvement d’ouverture. 

Prenez le temps au bureau de vous étirer, de marcher quelques minutes, de pratiquer un sport (on pense aux pratiques douces notamment) sur le temps du déjeuner. Le corps humain se renforce en se dépensant. Après un temps d’effort, puis de récupération, on observe que la courbe de fatigue diminue, laissant un solde positif à l’organisme et de multiples bienfaits sur les douleurs. Le tout est d’adapter l’intensité et la durée à vos ressentis et à votre forme physique. 


Une meilleure gestion de ses émotions

Notre énergie émotionnelle est à la fois la plus énergisante et la plus fragile. Elle peut être mise à mal par le stress d’un dossier à rendre, la peur de souffrir au bureau ou encore par la colère ressentie envers ce ou cette collègue qui vous gonfle profondément...

L’imprévisibilité des symptômes au travail est, à mon sens, ce qui caractérise le plus cette maladie chronique. C’est cette imprévisibilité qui peut provoquer un stress continuel. Et qui dit stress, dit plus de risque d’être en crise. Je vous en parlais dans mon précédent article “Mieux vivre avec les douleurs d’endométriose”. Pour mieux gérer ce caractère imprévisible, savoir reconnaître les signaux d’alerte et les phases du cycle douloureuses vous aidera à prendre les devants. La charge émotionnelle sera ainsi moins difficile à gérer. 

Plusieurs techniques de sophrologie et de respiration peuvent vous apporter un grand bénéfice dans la gestion de votre stress. Elles peuvent aussi vous aider à accueillir vos émotions sereinement. Je pense notamment à cette technique que mes consultantes affectionnent particulièrement quand elles sentent la pression monter : la libération des tensions. Assise ou debout, commencez par souffler, puis prenez une profonde inspiration, et tout en retenant l’air faites une tension douce de tout votre corps, de la tête jusqu’aux pieds, accueillez et canalisez les tensions physiques et tout ce qui vous oppresse. Puis expirez par la bouche, comme si vous les laissiez s’envoler loin de vous et relâchez profondément. Offrez-vous ce cadeau par série de 3. 

Ainsi, en cultivant des émotions agréables, votre bien-être physique et psychologique va augmenter, en venant stimuler la sécrétion de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine, endorphine et ocytocine). La sensibilité à la douleur peut ainsi s’estomper. 

Ces mêmes émotions agréables vont aussi favoriser de meilleures capacités d’attention. 


Gérer son rapport aux autres 

L’influence de l’environnement de travail sur l’endométriose

Soyons honnête, je crois que c’est la partie la plus difficile au travail : composer avec les autres. D’autant plus si vous ne vous trouvez pas dans un environnement bienveillant. 

Et pour cause, une étude d’Harvard (1) met en lumière que les relations de qualité nous rendent plus heureux et en meilleure santé. Vivre et travailler entourée de gens que l’on apprécie est tout simplement le meilleur moyen de se sentir bien dans son travail. 

La présence et l’entretien de liens étroits et chaleureux avec vos collègues renforcent votre sentiment de sécurité, votre mental s’apaise, votre corps avec. Prendre un temps de pause avec votre “collègue chouchoute” va avoir un effet apaisant, grâce à l’activation du réseau de la récompense

À l’inverse si vous vous sentez rejetée ou incomprise, les mêmes zones cérébrales de la douleur physique (2)(cortex somato-sensoriel secondaire) vont s’activer !

La pression au travail se transforme en stress quand vous êtes en incapacité de satisfaire les sollicitations des collègues ou de votre N+1. Plus l’écart est grand entre les demandes dont vous faites l’objet et les ressources dont vous disposez, plus le stress va être important. Dans ce cas, ouvrir le dialogue peut éventuellement être une solution pour trouver une manière de limiter ces sollicitations.


Parler de son endométriose au travail : Oui ? Non ? Peut-être ?

Alors, faut-il en parler à ses collègues ? Son manager ? Honte ou peur de ne pas être comprise, les raisons de se taire ne manquent pas. Il n'y a d'ailleurs aucune obligation légale à le faire. Et pour autant, je le sais bien, ce n'est pas l'argument qui va vous tranquilliser. Car vous avez votre conscience professionnelle.

Il n’y a pas de bonnes solutions, votre situation est la vôtre, vous connaissez vos relations avec vos collègues, vos managers. Écoutez-vous et gardez la main sur ce que vous maîtrisez. Si vous souhaitez en parler à votre entourage pro, la communication bienveillante (ou CNV) est un formidable outil pour évoquer vos besoins en toute confiance avec votre responsable ou votre collègue. 

Comme l’endométriose est une affection qui touche à l'intime, elle peut déclencher l'incompréhension ou le malaise des collègues qui connaissent peu (ou pas) la maladie. Et puis avouons-le, parler de son utérus et de ses ovaires à son boss, ce n'est pas le sujet le plus facile à aborder. 

La douleur touche également chez chacun d'entre nous une dimension psychologique et émotionnelle. Nous vivons tous la douleur d'une façon différente selon nos propres expériences et mémoires. En cas de remarques désobligeantes, rappelez-vous toujours que l'autre n'est simplement pas sur la même échelle que vous. 

Il reste du chemin à faire sur l'acceptation professionnelle de la maladie. Quoi qu'il en soit, n'oubliez jamais : c'est un problème qui n'a rien à voir avec vos compétences professionnelles.


Nos astuces pour travailler (plus ou moins) sereinement

Offrez vous une pause

Il est humainement impossible d'être à 100% toute la journée. Apprenez à vous écouter, à écouter votre corps et offrez-vous une pratique de respiration (4 secondes à l’inspire, 6 secondes à l’expire), marchez quelques minutes à l’extérieur... Vous pouvez même faire une micro-sieste dans une salle de réunion ou dans votre voiture.

Souvent, nous culpabilisons de prendre cette pause. C’est un vrai travail sur l’état d’esprit. Alors je vous invite à commencer par prendre 5 minutes de pause. Puis de vous autoriser à prendre 2 minutes de plus la semaine suivante...Peut-être même en vous prenant au jeu d’utiliser la méthode Pomodoro


Organisez-vous pour réduire votre charge mentale

Prenez 1/2h le vendredi pour faire le bilan de votre semaine et préparer votre semaine à venir. Cette pratique vous permet non seulement de vous apporter de la reconnaissance pour tout ce que vous avez accompli dans la semaine, mais aussi d’être dans l’efficacité dès le lundi. 

Cette astuce peut apaiser votre mental en lui offrant l’illusion de la certitude sur la semaine à venir. En retour, vous vous délestez de votre charge mentale pour vous permettre de profiter d’un week-end véritablement ressourçant. 

Vous pouvez aussi prendre conscience qu’il serait bon de déplacer tel rendez-vous ou demander de l’aide sur tel dossier si vous savez que vous entrez dans des phases plus sensibles (semaine de règles, ovulation, ou rendez-vous médicaux difficiles...). S’il fallait vous le rappeler : pensez à inclure vos temps de pause et de respiration dans votre planning !


Prévenir les tensions avec ses collègues/managers

Face à l’endométriose, la peur de la réaction de son manager ou des remontrances de ses collègues est un véritable facteur de stress et d’émotions pro-inflammatoires. Pour vous épargnez ce poids, voici 2 recommandations : 

  • Si vous devez vous absenter, privilégiez toujours les comptes rendus ou notes sur vos dossiers en cours et prenez les devants pour gérer votre retour après les absences. Allez directement à la rencontre des personnes qui ont pris en charge vos dossiers en cours pour les remercier et faites le point d’avancement avec elles. 
  • Donnez une visibilité à votre N+1 et les personnes en lien avec vos dossiers sur les absences prévues, sans avoir à en préciser pour autant les raisons. Cela leur permettra de s’organiser et évitera les quiproquos. 

J’espère que ces astuces vous aideront à aborder plus sereinement vos journées de travail. Bien sûr, ce ne sont pas des solutions magiques, et quand la douleur se fait trop forte, ou la fatigue écrasante, il faut savoir s’arrêter, pour mieux revenir ensuite. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais s’écouter et adapter son rapport au travail en fonction de votre énergie et de vos douleurs est la clé pour ne pas vivre dans un combat “l’endo VS mon taff”. En cas de travail physique ou devenu trop complexe, il existe aussi toujours des solutions pour changer de projet professionnel. Nous en parlerons ensemble dans un prochain article… à suivre !


Sources :

(1) Vaillant, G., Mukamal K. Successful Aging. American Journal of Psychiatry, 2001: 158:839–847

(2) Ethan Kross & al Social rejection shares somatosensory representations with physical pain. 2010 PNAS vol. 108 no. 15 6270–6275


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