gérer douleurs endométriose
Sophrologie
7/10/2021

Mieux vivre avec l’endométriose : les tips d’une sophrologue

Une douleur qui se pointe en plein milieu d’une réunion au taff, les règles qui débarquent une semaine en avance en plein concert avec vos potes… ces situations vous semblent familières non ? C’est un des aspects les plus pénibles de l’endométriose, cette imprévisibilité, qui installe un stress presque constant, et nous fait vivre de belles galères ! Et si on pouvait mieux anticiper ces petits et grands désagréments ? Je vous donne mes astuces pour mieux vivre avec l’endométriose.


Mieux se connaître pour mieux vivre avec l’endométriose

Lorsque j’étais salariée, j’avais la fâcheuse tendance à en faire plus qu’il ne faut, par peur que ma “maladie féminine” soit démasquée et mes plans de carrière mis à mal par ma manager (oui, il n’y a pas que les hommes qui remettent en question les douleurs de règles). 

Résultat, j’étais prise dans le cercle vicieux de la course à la to-do qui n’en finit jamais, le grand “oui” à tous les dossiers qui passent, des journées à rallonge où les pauses, elles, se font rares… À force de culpabilité, je cultivais ma fatigue chronique et par conséquent, mes propres douleurs, au lieu d’écouter mon niveau d’énergie disponible. Si mon exemple se déroule dans le cadre professionnel, cela s’applique aussi dans la vie perso : à parfois vouloir surcompenser, à tenter de masquer notre maladie ou de minimiser son impact réel, on finit par l’alimenter.

Heureusement, ça, c'était avant. Chemin faisant, j’ai découvert les mécanismes de la douleur, la chronobiologie, les pouvoirs de mon cycle et de la sophrologie. Alors si aujourd’hui je peux vous faire gagner du temps, de l’énergie, et réduire les phases douloureuses, allons-y !

Psst…. Une petite dernière remarque avant de rentrer dans le vif du sujet : nous avons toutes des modes de vie et des professions différentes, ainsi qu’une relation à la douleur subjective. Je vous invite donc, à la lecture de cet article, à prendre ce qui vous correspond en fonction de vos propres situations professionnelles et personnelles. 


Capitalisez sur la gestion de votre énergie

Ne gérez plus votre temps, gérez votre énergie

Vous vous demandez peut-être comment je suis passée de “avant” à “maintenant” ? La réponse est simple : je suis sortie de la gestion de mon temps pour être focus sur la gestion de mon énergie. Une stratégie qui me permet aujourd’hui de prendre soin de moi au quotidien, tout en assurant mes responsabilités. 

Pour cela, le plus important est de comprendre comment vous fonctionnez. Vous ne pouvez pas dépenser votre énergie de façon linéaire sans récupérer. C’est encore plus vrai dans le cadre d'une maladie chronique, comme l’endométriose. Et s’il fallait encore ajouter une condition ; nous sommes cycliques. 

Décryptez votre fonctionnement

En tentant de répondre aux quelques questions qui suivent, vous allez pouvoir analyser vos fluctuations d’énergie. Hop, c’est parti :

Vos fluctuations d’énergie
  • Savez-vous à quel moment de la journée vous êtes la plus efficace ? À quel moment avez-vous (presque) de l'énergie à revendre ? Le matin ? Le soir ?

  • Sur le dernier mois, quelles sont les tâches qui vous ont pris beaucoup d’énergie ? Quelles sont celles qui vous en apportent ? Cette question va vous permettre d’organiser vos tâches en fonction de votre niveau d'énergie du moment. 
Vos douleurs
  • À quelle chronicité avez-vous des douleurs ? Au quotidien ? Après les repas ? Au réveil ? En fin de journée ? En phase ovulatoire ? Pendant vos règles ?
  • Est-ce directement lié à l’endométriose, ou à autre chose (stress, manque de sommeil) ?
  • Dans quelles situations ressentez-vous plus souvent des douleurs ? (Debout, assise, allongée...)

À présent, et selon la flexibilité offerte par votre travail, vous avez les clés pour aménager et optimiser votre planning de la semaine. Et ce, en fonction de votre niveau d’énergie, vos phases à tendance douloureuse, votre niveau de concentration et de motivation. Qu'est ce que vous êtes capable de faire en début de semaine ? En fin de semaine ? Quelles tâches privilégier le matin et l’après-midi ? Comment aménager votre planning pour l’alléger durant les phases à tendance douloureuse ?

planifier cycle


Capitalisez sur votre cycle menstruel

Passons un cap supplémentaire si vous vivez vos cycles au naturel. Nos fluctuations hormonales, dont celles d’oestrogènes, de progestérone ou de testostérone, révèlent bien des secrets sur notre énergie et nos douleurs. 

Apprendre à connaître et utiliser les phases de mon cycle m’a permis d’optimiser mon travail pour améliorer la qualité de ma récupération. C’est aujourd’hui une véritable libération : je ne culpabilise plus de faire une micro-sieste de 15 min lorsque la progestérone me titille. Je m’autorise aussi à dire non à une proposition d’animation d’atelier qui tomberait durant mes règles. A l’inverse, je prévois les taches intenses sur les moments où mon cycle m’offre plus d’énergie.

Prenons un exemple. En phase pré-ovulatoire, c’est le bon moment pour vous lancer dans un projet qui vous demande beaucoup d’énergie mentale et physique, puisque votre énergie est possiblement à son maximum. Attention, toutefois à prendre soin de cette énergie, on peut avoir tendance à se sentir pousser des ailes. À l’inverse, il se peut aussi que parfois, l’énergie se fasse attendre, si vos règles ont été très abondantes et votre sommeil fragilisé par les douleurs. 

Toujours dans cette phase de votre cycle, la hausse d'œstrogènes booste vos compétences verbales, votre confiance et votre ambition. Si vous avez une demande importante à faire à votre manager, ou à un ami, c’est le moment idéal ! Pourquoi pas demander un aménagement de vos horaires, ou plus de jours de télétravail, par exemple. Vous serez plus à même de présenter des arguments solides et convaincants. Si ce sujet vous intéresse, je vous partage avec Audrey Chataigner, naturopathe, d’autres astuces à chaque phase de votre cycle sur femoon.co 


Identifiez les signaux d’alerte de votre corps

Sur le chemin de la connaissance de soi, vous pouvez prévenir certaines douleurs inflammatoires en vous écoutant (oui, vous pouvez clouer le bec aux personnes qui vous disent que vous vous écoutez trop). Il s’agit ici d’identifier vos propres signaux d’alerte, qui vous préviennent d’une accumulation des tensions et de votre baisse d’énergie. Ces signaux d’alerte sont physiques, émotionnels ou mentaux.  

Personnellement, je repère ces moments de tension par le grand plongeon de ma capacité de concentration, mon irritabilité qui me ferait envoyer bouler n’importe qui et les tensions dans le petit bassin en posture assise. Ça vous parle ? 

À la lecture de cette liste non exhaustive, je vous invite à identifier vos propres signaux et à faire le lien avec les possibles situations qui les provoquent pour apprendre à mieux gérer ces dernières :  

· Les signaux corporels : tensions musculaires, oppressions, sueurs, troubles d’appétit ou digestifs, problèmes de peau, trouble du sommeil, maux de tête, fatigue, etc.

· Les signaux émotionnels : sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes, de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, mal être, isolement etc.

· Les signaux mentaux : perturbation de la concentration, augmentation des erreurs, difficultés d’initiatives, de prise de décisions etc.

Pour vous aider dans cette démarche, prenez le temps sur un mois de noter vos signaux d’alerte dès qu’ils se font sentir. Pensez à noter le contexte (réunion, échange, heures supp…) Ce sera la meilleure façon d’apprendre à les prévenir. 


Lorsque les périodes de douleurs et de pression durent trop longtemps, ou se répètent trop souvent, sans temps de récupération, vous entrez peu à peu en carence d’énergie. Et vous connaissez la chanson maintenant...quand l’énergie est aux abonnés absents, les douleurs, elles, explosent. D’où l’importance d’apprendre à se connaître, à s’écouter, et d’adapter son quotidien en fonction, dès que vous en avez la possibilité !