Le rapport (complexe) entre digestion, transit et endomĂ©triose porte un nom : l’inflammation.Â
En effet, l’endomĂ©triose est une maladie dite inflammatoire. Cela signifie que c’est Ă l’inflammation que vous devez la ribambelle de symptĂ´mes douloureux qui vous mettent rĂ©gulièrement dans de sales Ă©tats (un grand merci Ă elle…). Ainsi, logiquement, tenter de limiter l’inflammation constitue un levier pour vous apaiser, que vous soyez sous pilule ou non.Â
Mais alors, que viennent faire lĂ -dedans la digestion et le transit ? Il se trouve que votre façon de vous nourrir peut crĂ©er de l’inflammation et donc des symptĂ´mes. Porter une attention particulière Ă ce que vous mangez et comment vous mangez pourrait donc vous aider.Â
Attention les yeux, les points qui vont suivre peuvent sembler d’une évidence déconcertante. Pourtant, ils méritent vraiment qu’on s’y arrête quelques instants.
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Mastiquer, mastiquer, mastiquer ! Et oui, ça semble tout bĂŞte, mais si vous donnez Ă votre corps de trop gros morceaux de nourriture plutĂ´t que de petits bouts bien mâchĂ©s, vous lui compliquez la tâche de digestion, Ă lui mais aussi aux enzymes digestives dont le rĂ´le est de mener le processus Ă terme. En bref, la nature est bien faite et quitte Ă avoir des dents, autant s’en servir. Alors, on coupe, on broie, on dĂ©chiquette allègrement !Â
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LĂ encore, la rĂ©ponse semble Ă©vidente, mais : point trop n’en faut ! Si votre estomac se trouve chargĂ© d’un important stock de nourriture, l’énergie demandĂ©e pour digĂ©rer est plus grande. Le risque ? Vous Ă©puiser. Pour une “vidange gastrique” optimale (expression soooo sexy), c’est-Ă -dire pour Ă©vacuer le contenu de l’estomac vers la suite du tube digestif, il est recommandĂ© d’adopter une alimentation oĂą les aliments gras, riches en fibres ou encore l’alcool sont consommĂ©s en petite quantitĂ©. Trop manger, c’est aussi multiplier les risques de ventre gonflĂ©, de vĂŞtements serrĂ©s et donc de digestion plus difficile. Ă€ avoir en tĂŞte aussi : au placard les jeans et autres outfits qui cisaillent au niveau de la ceinture. Confort et santĂ© avant tout !Â
BONUS : petit lien entre le point 1) et le point 2) : mâcher doucement, c’est envoyer à votre cerveau l’alerte de satiété plus rapidement et donc éviter de trop manger. Un cercle vertueux en somme.
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Bien manger, c’est mĂ©nager son microbiote intestinal. Son quoi ? Le microbiote, c’est l’ensemble des “micro-organismes” prĂ©sents dans votre tube digestif - la fameuse “flore intestinale”. Peut-ĂŞtre entendrez-vous aussi le terme “microbiome”, et bien c’est tout simplement l’ensemble des microbiotes prĂ©sents dans votre corps.Â
Le microbiote intestinal, fort sensible, est influencĂ© par votre gĂ©nĂ©tique, votre âge, votre Ă©tat de santĂ© et aussi par votre rĂ©gime alimentaire.Â
OK mais alors quel est le lien entre microbiote et endomĂ©triose ? Difficile d’expliquer prĂ©cisĂ©ment les liens de cause Ă effet mais il est avĂ©rĂ© que 1. le microbiote influence le dĂ©veloppement de maladies et que 2. l’endomĂ©triose peut altĂ©rer le microbiote. De plus, il semblerait que 3. le microbiome des personnes atteintes d’endomĂ©triose ait une composition spĂ©cifique par rapport aux autres.Â
Autre lien : lorsque le microbiote est déséquilibré, on parle de dysbiose. Cette dysbiose apparaît comme un des facteurs pouvant expliquer le développement de maladies chroniques comme les MICI par exemple (il y a notamment 3 fois plus de chances d’avoir un syndrome du côlon irritable avec une endométriose que sans). Elle peut engendrer une inflammation et une production anormale de gaz. Et vous savez quoi ? Elle est aussi considérée comme l’une des causes potentielles du fameux endobelly (vous savez, le ventre de femme enceinte sans être enceinte) et de symptômes digestifs (constipation, diarrhée…) de l’endométriose.
Bilan : prenez soin de votre microbiote ne peut vous faire que du bien. Votre comportement vis-Ă -vis de lui et son influence sur vous s'entremĂŞlent.Â
Quelques exemples d’actions concrètes Ă tester pour commencer :Â
En prêtant attention à votre alimentation, mais surtout à votre façon de manger, et en prenant soin de votre microbiote intestinal, les mécanismes du transit se trouveront déjà simplifiés. Notons aussi que douleurs et stress (souvent très présents en cas d’endométriose) sont intimement liés, et interagissent avec les intestins, ce qui n’aide pas !
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Vous l’avez peut-ĂŞtre remarquĂ©, le transit en pĂ©riode de règles peut se trouver particulièrement perturbĂ©. La faute aux “prostaglandines”. Ces molĂ©cules interviennent notamment dans le processus de contraction des muscles pour Ă©vacuer ce dont le corps n’a pas besoin, comme c’est le cas pour les règles, par exemple. En pĂ©riode de règles, les prostaglandines s’activent et diffusent leur effet contractile sur l’ensemble des organes situĂ©s dans la zone pelvienne. Ă€ vous les diarrhĂ©es et les dysmĂ©norrhĂ©es (douleurs lors de règles) carabinĂ©es. Pour rĂ©duire ces effets pour le moins dĂ©sagrĂ©ables, lĂ encore, on ne peut que vous conseiller de prendre particulièrement soin de votre alimentation Ă cette pĂ©riode (ne serait-ce qu’en appliquant les petits conseils listĂ©s plus haut). Â
Vous l’aurez compris, digestion et endométriose sont très liées. Ce rapport explique notamment pourquoi la maladie se manifeste bien souvent par des symptômes gastro-intestinaux, qu’il y ait présence d’atteintes digestives ou pas. Alors surtout n’hésitez pas à évoquer l’ensemble de vos symptômes, même ceux-là (!), à votre gynécologue !
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(date de mise Ă jour : octobre 2023)