Rédaction Lyv

Digestion, transit et endométriose, quels liens ?

Le rapport (complexe) entre digestion, transit et endomĂ©triose porte un nom : l’inflammation. 

En effet, l’endomĂ©triose est une maladie dite inflammatoire. Cela signifie que c’est Ă  l’inflammation que vous devez la ribambelle de symptĂŽmes douloureux qui vous mettent rĂ©guliĂšrement dans de sales Ă©tats (un grand merci Ă  elle
). Ainsi, logiquement, tenter de limiter l’inflammation constitue un levier pour vous apaiser, que vous soyez sous pilule ou non. 

Mais alors, que viennent faire lĂ -dedans la digestion et le transit ? Il se trouve que votre façon de vous nourrir peut crĂ©er de l’inflammation et donc des symptĂŽmes. Porter une attention particuliĂšre Ă  ce que vous mangez et comment vous mangez pourrait donc vous aider. 

Attention les yeux, les points qui vont suivre peuvent sembler d’une Ă©vidence dĂ©concertante. Pourtant, ils mĂ©ritent vraiment qu’on s’y arrĂȘte quelques instants.

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  1. Comment manger ? 

Mastiquer, mastiquer, mastiquer ! Et oui, ça semble tout bĂȘte, mais si vous donnez Ă  votre corps de trop gros morceaux de nourriture plutĂŽt que de petits bouts bien mĂąchĂ©s, vous lui compliquez la tĂąche de digestion, Ă  lui mais aussi aux enzymes digestives dont le rĂŽle est de mener le processus Ă  terme. En bref, la nature est bien faite et quitte Ă  avoir des dents, autant s’en servir. Alors, on coupe, on broie, on dĂ©chiquette allĂšgrement ! 

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  1. Combien manger  ? 

LĂ  encore, la rĂ©ponse semble Ă©vidente, mais : point trop n’en faut ! Si votre estomac se trouve chargĂ© d’un important stock de nourriture, l’énergie demandĂ©e pour digĂ©rer est plus grande. Le risque ?  Vous Ă©puiser. Pour une “vidange gastrique” optimale (expression soooo sexy), c’est-Ă -dire pour Ă©vacuer le contenu de l’estomac vers la suite du tube digestif, il est recommandĂ© d’adopter une alimentation oĂč les aliments gras, riches en fibres ou encore l’alcool sont consommĂ©s en petite quantitĂ©. Trop manger, c’est aussi multiplier les risques de ventre gonflĂ©, de vĂȘtements serrĂ©s et donc de digestion plus difficile. À avoir en tĂȘte aussi : au placard les jeans et autres outfits qui cisaillent au niveau de la ceinture. Confort et santĂ© avant tout ! 

BONUS : petit lien entre le point 1) et le point 2) : mĂącher doucement, c’est envoyer Ă  votre cerveau l’alerte de satiĂ©tĂ© plus rapidement et donc Ă©viter de trop manger. Un cercle vertueux en somme.

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  1. Quoi manger ?

Bien manger, c’est mĂ©nager son microbiote intestinal. Son quoi ? Le microbiote, c’est l’ensemble des “micro-organismes” prĂ©sents dans votre tube digestif - la fameuse “flore intestinale”. Peut-ĂȘtre entendrez-vous aussi le terme “microbiome”, et bien c’est tout simplement l’ensemble des microbiotes prĂ©sents dans votre corps. 

Le microbiote intestinal, fort sensible, est influencé par votre génétique, votre ùge, votre état de santé et aussi par votre régime alimentaire. 

OK mais alors quel est le lien entre microbiote et endomĂ©triose ? Difficile d’expliquer prĂ©cisĂ©ment les liens de cause Ă  effet mais il est avĂ©rĂ© que 1. le microbiote influence le dĂ©veloppement de maladies et que 2. l’endomĂ©triose peut altĂ©rer le microbiote. De plus, il semblerait que 3. le microbiome des personnes atteintes d’endomĂ©triose ait une composition spĂ©cifique par rapport aux autres. 

Autre lien : lorsque le microbiote est dĂ©sĂ©quilibrĂ©, on parle de dysbiose. Cette dysbiose apparaĂźt comme un des facteurs pouvant expliquer le dĂ©veloppement de maladies chroniques comme les MICI par exemple (il y a notamment 3 fois plus de chances d’avoir un syndrome du cĂŽlon irritable avec une endomĂ©triose que sans). Elle peut engendrer une inflammation et une production anormale de gaz. Et vous savez quoi ? Elle est aussi considĂ©rĂ©e comme l’une des causes potentielles du fameux endobelly (vous savez, le ventre de femme enceinte sans ĂȘtre enceinte) et de symptĂŽmes digestifs (constipation, diarrhĂ©e
) de l’endomĂ©triose.

Bilan : prenez soin de votre microbiote ne peut vous faire que du bien. Votre comportement vis-Ă -vis de lui et son influence sur vous s'entremĂȘlent. 

Quelques exemples d’actions concrùtes à tester pour commencer  : 

  • PrĂ©fĂ©rer les fruits et lĂ©gumes cuits et mĂ»rs plutĂŽt que les agrumes et les cruditĂ©s
  • Favoriser la viande blanche Ă  la viande rouge
  • Boire plus d’eau et de thĂ© vert que de cafĂ©, alcool et soda
  • PrĂ©fĂ©rer le fromage au yaourt
  • Favoriser le “bon gras”, les omĂ©gas 3
  • Limiter le sucre (raffinĂ©, confiture, produits transformĂ©s
)
  • PrivilĂ©gier les aliments bruts Ă  ceux transformĂ©s !
  • En bref, s’orienter petit Ă  petit vers l’alimentation anti-inflammatoire

En prĂȘtant attention Ă  votre alimentation, mais surtout Ă  votre façon de manger, et en prenant soin de votre microbiote intestinal, les mĂ©canismes du transit se trouveront dĂ©jĂ  simplifiĂ©s. Notons aussi que douleurs et stress (souvent trĂšs prĂ©sents en cas d’endomĂ©triose) sont intimement liĂ©s, et interagissent avec les intestins, ce qui n’aide pas !

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  1. Et pendant les rÚgles ? 

Vous l’avez peut-ĂȘtre remarquĂ©, le transit en pĂ©riode de rĂšgles peut se trouver particuliĂšrement perturbĂ©. La faute aux “prostaglandines”. Ces molĂ©cules interviennent notamment dans le processus de contraction des muscles pour Ă©vacuer ce dont le corps n’a pas besoin, comme c’est le cas pour les rĂšgles, par exemple. En pĂ©riode de rĂšgles, les prostaglandines s’activent et diffusent leur effet contractile sur l’ensemble des organes situĂ©s dans la zone pelvienne. À vous les diarrhĂ©es et les dysmĂ©norrhĂ©es (douleurs lors de rĂšgles) carabinĂ©es. Pour rĂ©duire ces effets pour le moins dĂ©sagrĂ©ables, lĂ  encore, on ne peut que vous conseiller de prendre particuliĂšrement soin de votre alimentation Ă  cette pĂ©riode (ne serait-ce qu’en appliquant les petits conseils listĂ©s plus haut).  

Vous l’aurez compris, digestion et endomĂ©triose sont trĂšs liĂ©es. Ce rapport explique notamment pourquoi la maladie se manifeste bien souvent par des symptĂŽmes gastro-intestinaux, qu’il y ait prĂ©sence d’atteintes digestives ou pas. Alors surtout n’hĂ©sitez pas Ă  Ă©voquer l’ensemble de vos symptĂŽmes, mĂȘme ceux-lĂ  (!), Ă  votre gynĂ©cologue !

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(date de mise Ă  jour : octobre 2023)

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Sources :
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Kumral D, Zfass AM. Gut Movements: A Review of the Physiology of Gastrointestinal Transit. Digestive Diseases and Sciences 2018;63(10):2500–6.
Leonardi M, Hicks C, El‐Assaad F, El‐Omar E, Condous G. Endometriosis and the microbiome: a systematic review. BJOG: An International Journal of Obstetrics & Gynaecology 2020;127(2):239–49.
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Svensson A, Brunkwall L, Roth B, Orho-Melander M, Ohlsson B. Associations Between Endometriosis and Gut Microbiota. Reproductive Sciences 2021;28(8):2367–77.