Vous l’avez compris si vous vous ĂŞtes penchĂ©e sur le sujet : l’endomĂ©triose est multiple et revĂŞt des formes tellement diffĂ©rentes. Pour faire simple, on pourrait dire que chaque personne atteinte d’endomĂ©triose a sa propre carte d’identitĂ© de la maladie oĂą les symptĂ´mes, leur intensitĂ© mais aussi la taille, l’étendue des lĂ©sions, kystes et adhĂ©rences, leurs couleurs et leurs localisations constituent des donnĂ©es personnelles.Â
CĂ´tĂ© localisations des lĂ©sions, imaginez : votre corps est pour l’endomĂ©triose - cette envahisseuse- un grand territoire de conquĂŞte. Non, elle ne peut pas aller vraiment partout mais elle a tout de mĂŞme une sacrĂ©e marge de manĹ“uvre pour atteindre des contrĂ©es qui paraissent pourtant lointaines. Laissez-nous, si vous nous le permettez, vous prĂ©senter la carte de ses attaques. Rassurez-vous, votre propre endomĂ©triose peut coloniser plusieurs zones mais certainement pas toutes celles citĂ©es ci-dessous !Â
En gĂ©nĂ©ral, on distingue deux grandes catĂ©gories de localisation d’endomĂ©triose :Â
- Pelvienne (en bref, dans le bas-ventre)
- Extra-pelvienne (ailleurs dans le corps - mais c’est plus rare !)
‍
Zoom sur la carte : la zone pelvienne
Le plus souvent, l’endométriose se situe sur les organes suivants :
- Le ou les ovaires
- Les ligaments utéro-sacrés (LUS pour les intimes), qui relient l'utérus au sacrum
- Le péritoine pelvien (cette enveloppe qui recouvre tous les organes de notre abdomen)
- ...dont le cul de sac de Douglas (situĂ© entre le rectum et l’utĂ©rus)Â
- ...et le cul-de-sac vésico-utérin (situé entre la vessie et l'utérus), représentant les deux tiers des localisations digestives
- Le rectum (la fin de votre tube digestif)
- La vessie
- Le vaginÂ
- L’utérus (avec la fameuse adénomyose, au coeur du muscle utérin)
Puis, l’endomĂ©triose peut s’étendre Ă des lieux d’habitation moins frĂ©quents :Â
- La ou les trompes de Fallope
- Le sigmoïde (avant dernière étape du tube digestif, avant le rectum)
- Les ligaments ronds, qui attachent l’utérus à la paroi pelvienne, à l’avant
- Les paramètres (tissu de part et d'autre du col de l'utérus)
- L'uretère (conduit reliant le rein à la vessie)
- Le nerf sciatique
Quelle que soit la localisation, l’endomĂ©triose semble avoir une fâcheuse tendance Ă prĂ©fĂ©rer se nicher sur le cĂ´tĂ© gauche du corps, certainement du fait de fonctions et courants naturels, comme la digestion, circulant vers la gauche.Â
‍
DĂ©-zoom : la zone extra-pelvienne
Rassurez-vous, ces cas d’endométriose extra-génitale ne représentent que de rares cas (à peine 5%) même si la Haute Autorité de Santé prévient que ce nombre est certainement sous-estimé en raison du diagnostic difficile. L’endométriose prend alors la confiance et va voir ailleurs si elle y est. Où ailleurs ? Exceptionnellement sur le foie ou la vésicule.
Mais quand l’endomĂ©triose s’aventure bien au-delĂ de l’utĂ©rus, elle peut s’inviter jusque sur :Â
- L’ombilic (et oui, elle peut se nicher dans le nombril !)Â
- Les cicatrices (césarienne, appendicite…)
- La vulve
- Le clitoris
- L’aine (l’intermédiaire entre l’abdomen et la cuisse - on parle d’endométriose inguinale)
- Le diaphragme (coucou la douleur à l’épaule droite) à cause de l’irritation d’un nerf précis, le nerf phrénique, allant du pelvis à l’épaule droite, en passant par le diaphragme.
- La plèvre (soit la fine enveloppe autour des poumons)
- Le ou les poumons
- Le péricarde (cette membrane qui enveloppe le cœur et l’origine des gros vaisseaux)
- La trachée
- Les gencives
- Le nez (l’endométriose nasale est extrêmement rare !)
- Toujours très rare on vous rassure : les glandes lacrymales responsables de larmoiements sanglant pendant les règles
- Le cerveau (encore plus rare !)
Si vous ĂŞtes un de ces rares cas, vous avez tout notre soutien et nos bonnes ondes de force et de courage. Avoir une endomĂ©triose “classique”, c’est dĂ©jĂ un sacrĂ© parcours de la combattante. ĂŠtre atteinte d’une version plus inhabituelle qui peut dĂ©contenancer mĂŞme les spĂ©cialistes, c’est encore autre chose. Pour vous orienter et vous accompagner, vous pouvez vous tourner vers le rĂ©seau de spĂ©cialistes certifiĂ© Resendo et les centres dĂ©diĂ©s Ă l’endomĂ©triose - comme le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph par exemple.Â
Enfin, l’endomĂ©triose peut aussi impliquer des atteintes nerveuses, causant gĂ©nĂ©ralement des douleurs invalidantes au niveau des jambes. Dans ce cas, cela peut-ĂŞtre dĂ» soit Ă une “rĂ©elle” localisation sur un tronc nerveux ou un nerf pĂ©riphĂ©rique ; soit Ă une irritation d’un nerf due Ă l’inflammation, causant de la douleur.Â
‍
On imagine votre crainte à la lecture des plans machiavéliques que peut échafauder l’endométriose mais il est important de rappeler que :
1. Fort heureusement, elle est rare au-delà de la zone pelvienne (où elle fait déjà bien assez de dégâts, nous sommes d’accord).
2. Vous pouvez faire la guerre à l’endométriose en étant bien accompagnée par des médecins et praticiens pluri-disciplinaires spécialistes (on le dit, on le répète !) que vous pourrez trouver notamment via Resendo (ça aussi, on le répète mais ça vaut vraiment le coup).
3. On est là aussi pour vous y aider, en apprenant à mieux connaître la maladie, vous avez vous aussi le pouvoir de contrer ses assauts.
‍
(date de mise Ă jour : octobre 2023)
‍
Sources :
Audebert A, Petousis S, Margioula-Siarkou C, Ravanos K, Prapas N, Prapas Y. Anatomic distribution of endometriosis: A reappraisal based on series of 1101 patients. European Journal of Obstetrics, Gynecology, and Reproductive Biology 2018;230:36–40.
Borghese B, Santulli P, Marcellin L, Chapron C. Définition, description, formes anatomo-cliniques, pathogenèse et histoire naturelle de l’endométriose, RPC Endométriose CNGOF-HAS. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2018;46(3):156–67.
Chapron C. Deeply infiltrating endometriosis: pathogenetic implications of the anatomical distribution. Human Reproduction (2006) vol. 21 (7) pp. 1839-1845
Charpentier E, Petit E, Beranger S, Arshid Azarine Presumption of pericardial endometriosis using MRI: Case report and review of the literature J Gynecol Obstet Hum Reprod 48 (2019) 71–73
Giudice LC, Kao LC. Endometriosis. Lancet 2004;364(9447):1789–99.
Laghzaoui O, Laghzaoui M. [Nasal endometriosis: apropos of 1 case]. Journal De Gynecologie, Obstetrique Et Biologie De La Reproduction 2001;30(8):786–8.
Maccagnano C, Pellucchi F, Rocchini L, Ghezzi M, Scattoni V, Montorsi F, et al. Ureteral endometriosis: proposal for a diagnostic and therapeutic algorithm with a review of the literature. Urologia Internationalis 2013;91(1):1–9.
Massein A, Petit E, Darchen M.A, Loriau J, Oberlin O, Marty O, Sauvanet E, Afriat R ,Girard F, Molinié V. Duchatelle V, Zins M. Imaging of intestinal involvement in endometriosis. Diagnostic and Interventional Imaging (2013) 94, 281—291
Matalliotakis M, Goulielmos GN, Kalogiannidis I, Koumantakis G, Matalliotakis I, Arici A. Extra pelvic endometriosis: Retrospective analysis on 200 cases in two different countries. European Journal of Obstetrics, Gynecology, and Reproductive Biology 2017;217:34–7.
Merlot B, Ploteau S, Abergel A, Rubob C, Hocke C, Canis M, et al. Endométriose extra-génitale : atteinte pariétales, thoraciques, diaphragmatiques et nerveuses. RPC Endométriose CNGOF-HAS. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie 2018;46(3):319–25.
Scioscia M, Noventa M, Desgro M, Iaria L, Sacchi D, Virgilio BA. A rare case of primary vulvar endometriosis: case report and review of the literature. Journal of Obstetrics and Gynaecology: The Journal of the Institute of Obstetrics and Gynaecology 2022;42(2):354–6.
Soares T, Oliveira MA, Panisset K, Habib N, Rahman S, Klebanoff JS, et al. Diaphragmatic endometriosis and thoracic endometriosis syndrome: a review on diagnosis and treatment. Hormone Molecular Biology and Clinical Investigation 2021;
Topbas Selcuki NF, Yilmaz S, Kaya C, Usta T, Kale A, Oral E. Thoracic Endometriosis: A Review Comparing 480 Patients Based on Catamenial and Noncatamenial Symptoms. Journal of Minimally Invasive Gynecology 2021;
‍
Autres rĂ©fĂ©rences :Â