Endométriose infertilité
Infertilité
5/1/2022

Endométriose : le petit lexique des traitements de l’infertilité

Avoir une endométriose n’entraîne pas toujours une infertilité mais en augmente le risque (le risque d'être infertile est multiplié par deux entre les femmes avec et sans endométriose). 

Si vous avez un désir de grossesse, que vous souffrez d’endométriose, et que vous avez passé six mois, voire une année sans parvenir à concevoir un enfant malgré des rapports sexuels réguliers et sans contraception, il est possible que votre gynécologue vous conseille de consulter auprès d’un centre d’assistance médicale à la procréation. Mais parce qu’on n’a pas toutes fait des études en médecine et en gynécologie, mais que, dans ces cas-là, on doit tout à coup - et parfois urgemment - se former au sujet, voici un petit lexique non exhaustif sur les questions de fertilité. 


PMA : LA PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE

Aussi appelée AMP : l’assistance médicale à la procréation. Elle consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse.

Jusqu’il y a peu, seuls les couples hétérosexuels pouvaient avoir recours à la PMA en France. Depuis l’adoption de la loi bioéthique du 2 août 2021 (et la parution des décrets le 28 septembre 2021), la procédure est ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules. Ceci étant dit, les centres pratiquant la PMA sont aujourd’hui débordés par les demandes, et il y a de gros problèmes de délais. Quand on parle de PMA, cela inclut plusieurs techniques. Voici les quatre principales techniques.

1/ L’insémination artificielle

Elle consiste à recueillir et préparer le sperme du conjoint, ou d’un donneur, pour l’injecter directement dans l’utérus de la femme de façon synchronisée avec l’ovulation. Cette pratique représente 37% des tentatives de PMA.

Concrètement comment ça se passe?

La femme suit préalablement un traitement hormonal (stimulation ovarienne) pour obtenir le développement d’un à deux voire trois follicules (structures en forme de petit sac se situant dans les ovaires dans lesquels se développent les ovocytes) matures, susceptibles d’être fécondés. Le développement folliculaire est suivi par échographie et prise de sang (dosages hormonaux).

Lorsque le ou les follicules sont matures, le jour de l’insémination est programmé. Les spermatozoïdes sont préparés puis déposés à l’intérieur de l’utérus à l’aide d’un cathéter introduit au fond de la cavité utérine. Les spermatozoïdes mobiles remontent naturellement vers les trompes à la rencontre des ovocytes ayant été expulsés des follicules ovariens. La fécondation se fait ainsi à l’intérieur du corps de la femme. 


2/ La FIV: la fécondation in vitro

C’est le traitement de référence lorsqu’une femme présente une infertilité liée à son endométriose, sauf en cas d’atteinte utérine et/ou ovarienne sévère. Cette technique consiste à provoquer la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde en laboratoire. Elle représente 63% des tentatives de PMA. Soit les gamètes des deux conjoints (dans le cadre du couple hétérosexuel) sont utilisées, soit la FIV est réalisée avec un gamète de donneur (spermatozoïde ou ovocyte). Les chances de réussite sont variables et s'élèvent en moyenne à des valeurs avoisinant 22% par cycle. Elles varient notamment en fonction de l'âge et ne sont plus que de 12% à 38 ans, 9% à 40 ans et 6% à 42 ans.

Concrètement comment ça se passe?

Une première étape consiste à stimuler les follicules par un traitement hormonal avec des doses de FSH exogènes (hormone folliculostimulante) bien plus importantes que celles utilisées en cas d’insémination. Lorsque les follicules sont matures, ils sont prélevés (ponction transvaginale échoguidée des follicules) et transmis au laboratoire. En parallèle, du sperme est recueilli et préparé au laboratoire. Des spermatozoïdes ou des ovules préalablement congelés peuvent également être utilisés. La fécondation a ensuite lieu in vitro, c’est-à-dire à l’extérieur du corps de la femme. Les spermatozoïdes sont déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture placée à 37°C. Les ovocytes fécondés deviennent des zygotes (œufs fécondés), puis des embryons. Deux, trois ou cinq jours après la fécondation, les embryons sont transférés dans l’utérus de la femme au moyen d’un cathéter introduit sous contrôle échographique. 

3/ La FIV avec ICSI (pour « intracytoplasmic sperm injection ») 

Elle représente désormais 67% des FIV. Cette technique consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l’ovocyte. 

La micro-injection est réalisée par un biologiste, sous contrôle d’un microscope. Elle est renouvelée pour chaque ovocyte mature fécondable. Les autres étapes sont identiques à celles de la FIV, depuis la stimulation hormonale de la femme jusqu’au transfert d’embryons.

4/ L’accueil d’embryon

Un couple stérile ou à risque de transmission de maladie génétique peut demander à recevoir un embryon congelé issu d’un autre couple. La majorité des centres refusent de procéder à cette démarche quand la femme est âgée de plus de 42 ans. 


LA CONSERVATION OVOCYTAIRE 

Il existe plusieurs techniques de préservation de la fertilité: congélation du sperme et conservation de tissu testiculaire pour les hommes; conservation du tissu ovarien, conservation ovocytaire, cryopréservation d’embryons pour les femmes. Voici en quoi consiste la technique la plus courante, la conservation ovocytaire. On l’appelle également, communément, la congélation des ovules. Elle est destinée à maintenir la possibilité aux femmes d'être enceintes à l'avenir (grâce à une FIV).  Le Dr Michael Grynberg en parle dans l’interview que nous avons menée avec lui sur les traitements de la fertilité dans le cadre de l’endométriose : jusqu’au vote de la dernière loi bioéthique, elle était réservée aux patientes présentant des pathologies à risque pour leur fertilité ou bien allant recevoir un traitement potentiellement toxique pour l’appareil reproducteur. Aujourd’hui elle est ouverte à toutes les femmes, mais l’âge maximum pour le prélèvement d’ovocytes est fixé à 43 ans. 

Concrètement comment ça se passe?

Cette technique nécessite tout d’abord le prélèvement d’ovocytes. Il se fait par ponction transvaginale échoguidée des follicules. Les follicules sont préalablement stimulés par un traitement hormonal (administration de FSH exogène) et leur évolution est suivie par échographie et dosage hormonal. Quand ils sont matures (diamètre de 16 à 20 mm), le médecin procède à la ponction, sous anesthésie locale ou générale. Il utilise pour cela une aiguille à l’aide de laquelle il transperce un à un les follicules sous contrôle échographie et aspire leur contenu liquidien. Le liquide folliculaire est transmis au laboratoire qui recherche la présence des ovocytes à l’aide d’un microscope. 

Les ovocytes sont ensuite congelés, grâce à la « vitrification ». Cette technique de congélation ultrarapide consiste à plonger les cellules directement dans l’azote liquide, à ‑196°C, au lieu de procéder à une congélation lente comme pour le sperme (la vitrification évite la formation de cristaux qui altèrent  l’ovocyte lors de la décongélation). Idéalement cette technique devrait être réalisée avant 35 ans pour garantir une bonne qualité des ovocytes.

A savoir : les techniques de prélèvement et de congélation des gamètes ou tissus testiculaires sont prises en charge par l’assurance maladie. Cependant, les frais de conservation restent à la charge du patient.

On espère que vous y voyez un peu plus clair avec ce petit lexique. Le savoir est une arme, et les endogirls sont des warriors. 


Camille Emmanuelle

Sources : Inserm

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