Playlist règles
Playlist
1/10/2021

La "Period Mixtape" de Lyv

Quand on a ses règles, et surtout quand on souffre d’endométriose, on a besoin de (cochez la bonne case): crier / danser / rester en PLS sous sa couette / pleurer / se défouler. Et pour tous ces moments sympas, la musique peut nous accompagner. C’est pourquoi la team de Lyv s’est réunie pour vous proposer une “period mixtape”. On l’a nommée ainsi en hommage à cette choupinoue comédie romantique américaine, Sex friends, sortie en 2011. Dans le film, le personnage joué par Ashton Kutcher offre au personnage incarné par Natalie Portman un CD, une compilation spécial règles. “So romantic!”

On peut écouter toutes ensemble “Red Red Wine” de UB4, “Sunday Bloody Sunday” de U2,  “I’ve Got The World On A String” de Frank Sinatra, “Here Comes The Flood” de Peter Gabriel,  “Everybody Hurts” de  R.E.M., ou encore l’entrainante “Bleeding Love” de Leona Lewis (“Keeeeep bleeding, keep keep bleeding, lalala…”). Mais aussi la playlist concoctée par les filles de Lyv. Last night the Lyv DJs saved my live...


Camille Emmanuelle, rédactrice en chef du mag Lyv

Quand je suis en syndrôme prémenstruel sévère, que je me sens moche-stupide-incompétente, que j’ai envie de pleurer si quelqu’un me dépasse à la queue de la boulangerie, que je veux divorcer, tout plaquer et aller vivre au fin fond de la Vallée de la Mort, dans le Nevada, et élever des scorpions domestiques:

  • Human, Rag’n’Bone Man. 

Quand j’ai mes règles, que j’ai une journée de rendez-vous à droite et à gauche, que j’ai mis - c’est malin - deux tampons “flux léger” dans mon sac alors que c’est la journée “Chutes du Niagara”, et donc que j’ai besoin de courage, de détermination, et d’être warrior malgré tout:

  • Swing Low, de Gossip (de l’album That’s Not What I Heard, moins connu que les suivants et pourtant tellement génial)

Ou bien, en parlant de Niagara:

Hélène, fondatrice et CEO

Parce que, comme chaque premier jour de règles douloureuses et abondantes - je n’arrive pas à faire de choix, je ne vais vous proposer qu’un seul morceau. Je me souviens de la première fois où j’ai vraiment pris conscience de ce truc. J’étais au taf, pas au top de ma forme, on avait un dej calé avec un partenaire et on m’a gentiment demandé si j’étais plutôt partante pour aller au jap’ juste en bas ou dans un resto du sud-ouest au bout de la rue. 

Il y a pire, comme dilemme ! Mais j'avais juste envie qu’on ne me regarde pas / qu’on ne me parle pas / qu’on m’oublie. J’ai versé quelques larmes. Stupéfaction autour de moi. Dix ans sont passés. Je ne peux toujours pas faire de choix, ces jours-là. Alors aujourd’hui je vous donnerai un seul morceau qui résume mon mood intérieur. Il est bien vénère. Et ultra-libérateur en temps de crise. 

- Killing in the name, Rage Against the Machine

Playlist règles Lyv

Andréa-Lucie, graphic designer

Faire des choix ? Mais ? Pourquoi s'infliger ça ?? A contrario d’Hélène, j’aurais plutôt tendance à vous proposer trente tubes de new wave des 80’s, une dizaine de groupes de pop indie entre LA et Paris et trois-quatre BO de mes séries préférées. Mais, pour notre bien à tous, j’ai réussi à me contenir. Deux morceaux, pas plus. 

Le premier, c’est à moitié du second-degré, à moitié un véritable guilty pleasure que vous saurez je suis sûre apprécier (et ressortir lors de votre prochaine soirée pour enflammer le dancefloor) : That don’t impress me much de Shania Twain, rien de moins. Un morceau pour se souvenir qu’on est des SACRÉES badass, nous les meufs, dans la vie en général et pendant les règles en particulier. Et qu’entre nous, si les hommes vivaient un quart de notre douleur pendant cette période, il existerait déjà beaucoup, beaucoup de solutions… Pas de quoi être impressionnées.

Le second, tout autre style bien qu’aussi qualifiable de soupe (et j’aime ça !) : John Mayer, Slowly dancing in a burning room. Je veux dire, tout est dans le titre. Cette impression d’être acculée par la douleur, empêchée de vivre ta vie comme tu le souhaites et de voir le monde continuer de tourner autour de toi alors que tu es coincée au lit, en attendant que ça passe. Cette impression de l’avoir vécu cent fois mais qu’à chaque crise, à chaque période de règles, tu ne sais pas à quelle sauce tu vas te faire dévorer. C’est aussi, accessoirement , le guitariste préféré du mec qui partage ma vie et qui danse patiemment avec moi à chaque fois dans cette chambre qui brûle.


Marine, brand manager

Aussitôt la case SPM cochée, la culotte (de règles) fraîchement tachée, je mets la playlist « cœur » (comprendre « petit cœur mou et gros sanglots ») en pause et bascule sur un registre diamétralement opposé. Dans mes oreilles, je veux de quoi me faire sortir du noir - que  quelqu’un m’explique pourquoi, après tant d’années, le SPM et son lot de “je suis une merde humaine incapable et ma vie n’a aucun sens.” continue de me prendre par surprise A-CHAQUE-FOIS !?-. Donc, je veux des rythmes afro, latino, du disco, du dancehall, des percus. 

Il faut que ça réveille le bassin. J’ai envie de me sentir forte, de marcher dans la rue comme une queen, de m’évader pour oublier un peu ce qui se passe plus bas dans le corps (un carnage). Pour ne pas dévoiler ici ma passion pour Aya Nakamura (oups, dévoilée), je recommande chaudement Tamborito, remix de Gramophiles qui dit voyage, soleil et fiesta. Et je vous mets au défi de ne pas avoir une folle envie de danser, là maintenant, tout de suite. 

En fin de règles, j’entre dans la phase “je recolle les morceaux de ma vie” (drama ? moi ?). J’ai de nouveau envie de plein de choses et notamment de douceur et de câlins. C’est le moment où je vois revenir tout doucement ma bonne copine la libido (welcome back, tu m’avais manquée). Nouveau revirement de situation côté playlist puisque c’est la simplement denommée “Chaleur” qui m’accompagne à longueur de journée, ma pref ces derniers temps : Sexe d’Yseult.

Bonus : En période de règles, notre condition de femmes saignantes, souffrantes et si fortes me saute aux yeux, encore un peu plus que le reste du temps. Dans ces moments, je rumine les inégalités, les injustices, les violences, le manque de considération,...Tout ça fait monter d’un cran mes envies de militantisme. Dans ce cas, je me fais une cure de Debout les femmes, version pré 24 novembre 2018 lorsque l'hymne des luttes féministes françaises datant des années 70 a été repris par 39 musiciennes sous l’impulsion du collectif #NousToutes. 

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Anaïs, story-teller et rédactrice

En pleine tempête SPM, et parce que j’ai décidé de la traverser plutôt que de me débattre inutilement et de couler, je me mets en mode “let’s cry” si je ressens surtout de la tristesse, ou “let’s fight”, si je suis surtout en colère. Inutile de faire l’autruche : quitte à douiller, autant vivre les choses à fond ! 

Dans le premier cas #CRYMEARIVER, j’écoute - au volume MAX - le Red and Black live de Ibrahim Maalouf au Zénith Nantes Métropole en 2016. Cette chanson compte beaucoup pour moi. Un ami me l’avait envoyée juste avant mon opération de l’endo’, et ses notes à la fois douces et puissantes m’avaient accompagnée en salle de réveil. Souvent, ce souvenir et toutes les émotions associées me font pleurer. Et après, ça va souvent (un peu) mieux. 

Dans le second cas #NRV, je joue ma playlist “POWER” et j’écoute la rappeuse anglaise IAMDDB. Mention spéciale pour son titre G.A.F., aka “Give A Fuck”. Le principal message délivré par sa voix suave sur un beat entraînant ? “Je me contrefous de ce que tu penses !” #freedom. Surtout quand tu as l’impression de haïr la terre entière.
Pendant mes règles, ça dépend un peu. En général, durant cette période, je suis tout sauf sociable, ce qui ne correspond pas vraiment à mon caractère de base… Alors souvent, je m’enferme un peu dans mon cocon pendant un ou deux jours et oui, il peut m’arriver de switcher du rap à la chanson française, sans transition : j’ai le souvenir d’avoir déjà passé deux jours en peignoir à chanter le titre A la Folie de Juliette Armanet à tue-tête, en mode princesse enfermée dans son donjon. Ouais, c’est à peu prêt ça. RIP, mes voisins. 


Gaëlle, content manager

Personnellement, l’arrivée des règles, c’est un timing très précis : premières douleurs, lancez le chrono, j’ai environ 40 minutes pour trouver un coin pour m’allonger, un jogging, ma bouillotte, mon Livia, et ma MEGA trousse à pharmacie. Et c’est partie ma poule, on sert les dents ! Dans cette première étape de mon long périple, j’ai nommé la semaine de règle, c’est mon chouchou d’adolescence - attention polémique - Marilyn Manson qui crie dans mes oreilles sa Fight Song. A la fois, ça m’encourage, à la fois, ça me fait un exhutoire à colère VS ma maladie de merde.

En général, une heure après, je me rappelle qu’à la clinique on m’a dit et redit qu’il faut “accepter la douleur”, “l’accueillir”.... Avec un bouquet de fleurs et des chocolats tant qu’on y est ? Si ce conseil m’évoque pas mal de commentaires cyniques, en vrai, ça aide énormément, je vous conseille ! Du coup, dans cette phase d'acceptation, changement d’ambiance, je passe en mode folk avec Minimum de Charlie Cunningham. 

Quatrième jour, je sors de mon brouillard, me traîne encore quelques douleurs, et pas mal de fatigue, mais je suis DÉTER’ à reprendre le cours de ma vie, no matter what.  Et alors là, je sors de ma couette, je fais péter le top à paillettes en hurlant à tue-tête I will surviiiive, Oh, as long as I know how to love, I know I'll stay alive !”, en cœur avec la voix puissante de Gloria Gaynor. Dernier jour de règles, je reprends ma vie comme si je n’avais pas traversé de tempête : j’enfourche mon fidèle destrier (et non pas le tigre), j’ai nommé mon vélo, en écoutant avec le smile Bicycle de filous & klei. La vie est belle.


La "Period mixtape" de l’équipe Lyv en intégralité, c’est ici. CADEAU.