Lettre endométriose
Témoignage
8/10/2021

Lettre à mon endo

L'écriture, une thérapie ? Pour moi, oui. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il m'est déjà arrivé de parler à mon ventre endolori et gonflé - mon Endo Belly -, qui souffrait et me faisait souffrir. Ce que je lui disais ? Ça, ça reste entre lui et moi… ou presque : pour que les choses soient encore plus claires, pour qu'elles soient vraiment assimilées, j'ai souhaité les poser sur le papier. J'ai voulu écrire cette Lettre à mon endo. Et aujourd'hui, je voudrais vous la partager, pour dire la douleur, mais aussi l'espoir que m'apporte mon endomé-tri-ose. 

À toi, mon endo, 

Toi qui m'a tant de fois empêchée de faire dodo.

Longtemps, je suis restée éveillée, par peur que tu me fasses sursauter de douleur, en plein sommeil.

Et tant de fois, tu m'as aussi profondément plongée dans les bras de Morphée 

Il faut dire que la douleur et le bal endiablé des hormones ont toujours eu pour habitude de me fatiguer.

À toi, mon endomé-TRI-ose,

Depuis ton arrivée, ou plutôt depuis que l'on t'a reconnue, je fais le tri
Grâce à toi, je sais que seul·e ceux·celles qui te comprennent et t'acceptent sont mes ami·e·s 

Les autres ne conçoivent pas qu'une maladie "invisible" puisse parfois me couper d'eux·elles

Que de temps à autres, j'ai davantage besoin de me reposer que de boire des coups ou de danser 

Il faut dire qu'ils·elles sont parfois incrédules face à mon épuisement, tant ils ont l'habitude de me voir surexcitée

Anaïs par ©Thomas Decamps


À toi, mon endométri-OSE, 

Depuis que notre aventure commune à commencée, ou plutôt depuis que tu t'es imposée, j'ose

J'ose, car depuis qu'on t'a diagnostiquée, j'ai su tout quitter, pour me lancer dans le métier dont je rêvais 

J'ose, car depuis que tu as commencé à me malmener, j'apprends à réduire la cadence, à me mettre en priorité

Désormais, au rythme de mes cycles, je navigue, tantôt en pleine tempête, tantôt dans des eaux apaisées 

Alors, à toi, mon endométriose, 

À toi, qui m'a amené tant de névroses

À toi, que j'ai tant détestée

À toi, que j'ai souvent eu envie de tuer

À toi, que j'ai parfois envie de remercier 

Puisque tu es toujours là, bien que tu te fasses aujourd'hui un peu plus discrète, 

Ensemble, vivons, fêtons, jusqu'à en perdre la tête

*Photo de couverture "Lettre à mon endo", ©Thomas Decamps